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mercredi 21 octobre 2015

Parallèles Gnostiques dans l’Oeuvre de Carlos Castaneda.


Les onze ouvrages de Castaneda relatent son apprentissage avec un Amérindien Yaqui, Don Juan Matus, qui joue le rôle du mentor Socratique de Castenada, un anthropologue sceptique. Durant plus de 20 ans, Castenada a appris la théorie et la pratique d'une nouvelle discipline enseignée par son professeur malicieux et exigeant. L'art des “nouveaux initiés” implique une nouvelle compréhension des secrets antiques de la sorcellerie Toltèque transmis à Don Juan au travers d'une filiation tardive datant du 18 ème siècle.

Sorcellerie, dans ce cas précis, se rapporte à un chemin de vie qui se situe en dehors des expériences habituelles de l'humanité.

Au travers d'un long processus d'erreurs et d'épreuves, Castenada arrive à altérer les paramètres de la perception afin d'explorer d'autres mondes. Au cours de ses aventures, il rencontre certains êtres extraterrestres inorganiques qui représentent un obstacle, ou une épreuve, pour le shaman. Dans son ouvrage Passes Magiques, (Editions du Rocher), Castenada écrivit: “Les êtres humains sont dans une quête de conscience qui a été momentanément interrompue par des forces étrangères”. 

Ombres Boueuses

Dans l'ouvrage final de Castaneda, Le Voyage définitif (Editions du Rocher publié sous le titre original “The Active Side of Infinity”, le côté actif de l’infini), Don Juan met Castaneda au défi de réconcilier l'intelligence de l'homme, dont témoignent toutes ses prouesses, avec “la stupidité de ses systèmes de croyance... la stupidité de son comportement contradictoire”. Don Juan associe cette contradiction flagrante dans l'intelligence humaine avec ce qu'il appelle “le sujet des sujets”, “le coeur du sujet”, “le sujet le plus sérieux de la sorcellerie”. Ce sujet concerne la “prédation”. A l'étonnement horrifié de son élève, le vieux sorcier explique comment le mental humain a été infiltré par une intelligence extraterrestre:

“Nous avons un prédateur qui est venu des profondeurs du cosmos et qui contrôle notre existence. Les êtres humains sont ses prisonniers. Le prédateur est notre maître et seigneur. Il a fait de nous des êtres dociles et impuissants. Il réprime toute velléité de protestation! Si nous voulons faire preuve d’indépendance, il exige que nous rentrions dans les rangs!

Les sorciers sont convaincus que les prédateurs nous ont imposé nos systèmes de croyance, nos conceptions du bien et du mal, nos mœurs sociales. Ce sont eux qui suscitent nos espoirs et nos attentes, nos rêves de réussites et nos peurs de l'échec. Ils insufflent en nous la convoitise, la cupidité et la lâcheté. Les prédateurs ont fait de nous des êtres suffisants, routiniers et des maniaques de l'ego”.

Selon Castaneda, les sorciers de l'ancien Mexique appelaient le prédateur un “planeur” (mis en italiques par Castaneda) “parce qu'il jaillit de l'espace.. C'est une grande ombre, d'un noir impénétrable, une ombre noire qui fonce vers le sol et se pose lourdement”. Cette description correspond à des milliers de témoignages relatant des mouvements bizarres de sauts, parfois latéraux, qui sont exécutés par des extraterrestres de type Gris qui abordent des individus de façon impromptue. Les ombres noires fugaces sont moins souvent reportées, dans les témoignages, mais elles jouent le rôle principal dans le rapport, long et détaillé, réalisé par John Keel, sur l'activité extraterrestre dans son ouvrage “La Prophétie des Ombres”.

Les écrits Gnostiques contiennent des descriptions de prédateurs extraterrestres appelés les Archontes, Arkontai en Grec. Les Codex de Nag Hammadi les décrivent comme des créatures lourdes, ténébreuses et fuyantes. Les noms les plus communs qu'ils leurs attribuent sont “créatures de l'ombre, simulacres”. Pourrait-on comparer les Archontes aux “ombres boueuses” décrites par Don Juan? Cette question soulève la problématique plus générale des parallèles existant entre le shamanisme Toltèque de Méso-Amérique de Don Juan et le shamanisme des Ecoles des Mystères de l'Europe antique. Nous allons analyser quelques uns de ces parallèles.

Tout d'abord, nous avons le problème de l'influence des prédateurs, ou planeurs, sur l'humanité. Dans Le Voyage définitif, Don Juan dit à Castaneda que “les prédateurs ont échangé leur mental contre le nôtre”. Cette affirmation alarmante suggère un parallèle immédiat avec les enseignements Gnostiques. Les Gnostiques, qui dirigeaient les Ecoles de Mystères du Proche Orient dans l'antiquité, enseignaient que le mental réel des êtres humains, nous authenticos, fait partie de l'intelligence cosmique, dont toute la nature est empreinte, mais qu'en raison de l'intrusion des Archontes, ce “mental indi/gène”, ou “génie inné”, peut être subverti et même remplacé par une autre intelligence. Ils indiquèrent que les Archontes envahissent la psyché humaine et que, si leur invasion est avant tout de nature mentale et psychique, il reste qu'ils peuvent également nous agresser sur le plan physique. Leur influence fondamentale, cependant, se fait sentir dans notre syntaxe mentale, dans nos paradigmes et dans nos croyances, tout comme Don Juan le dit des planeurs.

Don Juan dit à Castaneda que le mental du prédateur est “un modèle bon marché: réduction des dépenses, taille unique”. Cette description correspond parfaitement à la mentalité de ruche des Archontes. Les sorciers appellent ce mental étranger uniformisé “l'implantation étrangère, qui existe en toi et en tout être humain”. L'implantation étrangère (mise en italiques par Castaneda) nous arrache à notre syntaxe. Elle perturbe nos facultés indigènes d'organiser le monde en harmonie avec le langage qui est propre à notre espèce. L'importance de la syntaxe correcte dans la maîtrise, par le sorcier, de l'intention constitue l'un des sujets essentiels des derniers enseignements de Don Juan. La préoccupation du sorcier concernant la déviation de la syntaxe, et la dérivation subséquente de l'intention, est à mettre en parallèle avec l'importance du langage et de la définition correcte mises en exergue par les enseignements Gnostiques. 

dimanche 3 mai 2015

Castaneda: la place de pouvoir.



Pour don Juan, l’importance des plantes était fonction de leur capacité à produire chez l’être humain des états de perception particulière. Il m’a fait parcourir ces différents états afin de dévoiler et de mettre en usage son savoir. J’ai appelé cela des « états de réalité non ordinaire », ce qui signifie une réalité inhabituelle par rapport k la réalité ordinaire de tous les jours. Cette distinction repose sur le sens inhérent à ces états de réalité non-ordinaire. Dans le contexte du savoir de don Juan, on les considérait comme réels, encore que leur réalité fût différente de celle de tous les jours.
Don Juan croyait que ces états de réalité non-ordinaire constituaient la seule forme d’enseignement pragmatique, et le seul moyen de parvenir à la puissance. Il donnait à penser que les autres domaines de son enseignement ne constituaient que des compléments. Cette attitude était reflétée par son comportement en face de tout ce qui n’était pas directement lié aux états de réalité non-ordinaire. Je retrouve dans toutes mes notes des références à cet état d’esprit. Par exemple, au cours d’une conversation, il suggère que certains objets possèdent intrinsèquement un certain pouvoir.