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mercredi 21 octobre 2015
Parallèles Gnostiques dans l’Oeuvre de Carlos Castaneda.
Les onze ouvrages de Castaneda relatent son apprentissage avec un Amérindien Yaqui, Don Juan Matus, qui joue le rôle du mentor Socratique de Castenada, un anthropologue sceptique. Durant plus de 20 ans, Castenada a appris la théorie et la pratique d'une nouvelle discipline enseignée par son professeur malicieux et exigeant. L'art des “nouveaux initiés” implique une nouvelle compréhension des secrets antiques de la sorcellerie Toltèque transmis à Don Juan au travers d'une filiation tardive datant du 18 ème siècle.
Dans l'ouvrage final de Castaneda, Le Voyage définitif (Editions du Rocher publié sous le titre original “The Active Side of Infinity”, le côté actif de l’infini), Don Juan met Castaneda au défi de réconcilier l'intelligence de l'homme, dont témoignent toutes ses prouesses, avec “la stupidité de ses systèmes de croyance... la stupidité de son comportement contradictoire”. Don Juan associe cette contradiction flagrante dans l'intelligence humaine avec ce qu'il appelle “le sujet des sujets”, “le coeur du sujet”, “le sujet le plus sérieux de la sorcellerie”. Ce sujet concerne la “prédation”. A l'étonnement horrifié de son élève, le vieux sorcier explique comment le mental humain a été infiltré par une intelligence extraterrestre:
samedi 17 octobre 2015
samedi 29 août 2015
Le féminin dans la Gnose.
Le Féminin occupe une place très importante dans les textes mystiques et, en particulier, dans les écrits gnostiques. Ces doctrines accordent un rôle crucial au Principe Féminin dans la cosmogonie, lors de la Chute suivie de la Libération, puis, plus tard, avec l’apparition de figures féminines jouant des rôles prophétiques ou s’illustrant comme initiées.
Les mouvements gnostiques nous sont principalement connus à travers trois types de sources. Tout d’abord, les chercheurs ont longtemps dû « se contenter » des écrits des hérésiologues chez les Pères de l’Eglise, par exemple Origène ou Clément d’Alexandrie. Puis, des textes furent retrouvés en Egypte aux XVIIIème et XIXème siècles, dont le fameux Codex de Berlin, jusqu’à ce qu’enfin, en 1947, une découverte incroyable enrichisse considérablement notre connaissance des gnostiques : plus d’une quarantaine d’écrits furent retrouvés d’un coup dans la région de Nag-Hammadi, ensevelis tout simplement dans des jarres.
Les gnostiques ne semblent pas considérer la femme comme intrinsèquement inférieure à l’homme, bien que le versant féminin de la bipolarité reste très contrasté. Par exemple, on lit parfois que le retour de l’élément féminin à sa contrepartie masculine reste une condition indispensable à l’accès à la perfection céleste. Par ailleurs, la Sophia est responsable de la chute vers la Matière…
Ainsi l’Initiée, véritable héritière des traditions sémitiques les plus anciennes, est un personnage complexe, au sein duquel se côtoient pureté et décadence. Pour saisir la dimension du féminin dans les écrits gnostiques, il faut nous attacher aux figures très similaires de Myriam de Madgala et d’Hélène, la compagne de Simon le magicien, qui toutes deux présentent le triple visage de la déchue, de l’initiée et de la rédemptrice. Nous verrons ensuite de quelle manière elles se rattachent à la Sophia des cosmogonies gnostiques.
I. Marie
L’Evangile de Marie, texte incomplet rédigé en copte vraisemblablement vers les années 150 de notre ère, est le premier traité du Codex de Berlin acquis par l’Allemagne en 1896.
Cet Evangile est attribué à Myriam de Magdala, plus communément dénommée Marie-Madeleine. Premier témoin de la Résurrection, elle peut à ce titre être considérée comme la fondatrice du christianisme. Cette place privilégiée de premier témoin peut aussi être le signe d’une initiation plus avancée. Elle serait ainsi l’apôtre des apôtres, l’Initiée, la Sagesse (Sophia) épouse du Logos. Ces aspects sont assez peu développés dans les Evangiles classiques, alors que les Evangiles dits « apocryphes » de Thomas, Philippe et bien sûr Marie y attachent plus d’importance.
mercredi 19 août 2015
La passion de Sophia.
La présence des Archontes dans tout le cosmos et leur influence sur le mental humain constituèrent la problématique centrale des initiés Gnostiques. Les gnostokoi Levantins étaient des experts dans la détection des forces déviantes et extrahumaines. En bref, c'étaient des parapsychologues; ou pour l'exprimer différemment, des détectives psychiques. C'étaient, en même temps, des cosmologistes accomplis. Rien de ce qu'ils voyaient dans le cosmos, aucune des merveilles qu'ils contemplaient en perception accrue - ou hyperception, comme on pourrait l'appeler - n'était éloigné ou exclu de la dimension humaine. Dans toutes leurs recherches et spéculations, ils se laissaient guider par un principe suprême: ce qui est à l'intérieur est comme ce qui est à l'extérieur.
Le parallélisme psychocosmique caractéristique de la méthodologie et du paradigme Gnostiques, c'est de percevoir dans les événements cosmiques le reflet actionnel des processus psychologiques. J'utilise le néologisme actionnel pour indiquer que le reflet est une action réelle, à la fois mise en oeuvre et interactive, et pas simplement une matière de réflexion statique et passive. L'intuition profonde des Gnostiques quant au parallélisme entre la psyché et le cosmos n'était pas un jeu de correspondances Jungiennes, un simple divertissement d'analogies ou de transpositions symboliques. La pratique de la Gnose était un mode d'appréhension directe de la réalité existentielle du cosmos et de participation dans la manière dont le cosmos agit au sein de la psyché humaine. Le mythe de Sophia peut être un cadre pour l'initiation à l'écologie profonde, qui s'étende même au-delà des limites de la terre, si nous acceptons que nous soyons impliqués actionnellement dans tout ce que la narration décrit.
L'humanité est un des éléments de la solution à l'épreuve de Sophia mais elle est plus que cela. Au fil du développement du mythos, il devient de plus en plus patent que nous sommes également, en tant qu'espèce, une partie de la raison de son épreuve. La manière dont nous décrivons le dilemme de Sophia peut déterminer ultimement la façon dont nous pouvons décrypter notre propre rôle dans le tissu symbiotique de la vie.
Le Soleil Repentant
Lorsque les Archontes émergent du chaos des bras galactiques, l'Anthropos est encore en incubation dans la nébuleuse proche (épisode 5). Sophia ne s'est pas encore métamorphosée en la planète sur laquelle l'humanité émergera. Cependant, la manifestation future de notre espèce, la souche de l'Anthropos qui est liée à la terre, a déjà été affectée par nos cousins extraterrestres. La tromperie Archontique, focalisée dans la démence du Démiurge, va éventuellement infecter la conscience humaine et détourner le processus vital sur terre. Mais concomitants avec l'approche de cette menace, d'autres événements dans le cosmos sont en développement qui vont déterminer comment l'humanité peut confronter et vaincre le péril Archontique.
samedi 8 août 2015
Gnose: Sophia et Salomon.
Sophia, la déesse de la Sagesse, est au coeur des ouvrages Gnostiques qui datent du 4 ème siècle et qui ont été découverts à Nag Hammadi, dans la Haute-Egypte, en 1945. Elle apparaît également dans la littérature de Sagesse de l'Ancien Testament, appelée “livres sapientiaux”, et qui datent de la période du 4 ème au 1 er siècles avant l'Ere Commune. Bien que les livres sapientiaux soient antérieurs aux Codex de Nag Hammadi, le personnage divin de la Sagesse n'en est pas originaire. La Sophia Gnostique est une version de la Grande Déesse célébrée dans tout l'ancien monde, et pas exclusivement ou originellement dans la tradition Judaïque. Les sources Judaïques, cependant, présentent des notions essentielles pour la compréhension de la trame Gnostique.
Selon le livre apocryphe de la Sagesse de Salomon (9:8-11), Sophia instruisit le roi quant à la manière de construire le Temple de Jérusalem. En son honneur, il érigea, dans le sanctuaire intérieur, un arbre sacré, symbole de la déesse Canaanite Asteroth. A la suite des réformes du Roi Josiah (aux alentours de 650 av. EC), les scribes Juifs supprimèrent rigoureusement toute référence à Asteroth mais elle continua d'être considérée comme le consort de Yahvé dans la religion populaire et dans les groupes hérétiques Juifs proches du Gnosticisme. Dans la bataille doctrinale relative au Divin Féminin, la littérature de Sagesse joue un rôle essentiel en démontrant où se situaient les limites. La figure de Sophia ne pouvait pas être éliminée mais elle fut progressivement pervertie.
Dans le canon Biblique, la “Sagesse de Dieu” devint un vecteur d'expression didactique, morale et poétique et la déesse perdit son caractère autonome. Dans les Psaumes et les Proverbes, elle personnifie une métaphore pour la voix de la conscience qui se soumet aux diktats vertueux du Seigneur. Dans le Chant de Salomon, la Sagesse conserve le caractère de la prostituée sacrée et amante du roi qui le sanctifie avec la puissance du Divin Féminin. En termes moraux et sensuels, Sophia survit, mais à peine.
L'Ancien Testament conserve également quelques vestiges de la dimension planétaire de la déesse Sagesse. Proverbes 8 présente une arétologie par laquelle la déesse s'annonce à la première personne et loue ses propres attributs:
“L’Éternel m’a créée la première de ses oeuvres, avant ses oeuvres les plus anciennes.
J’ai été établie depuis l’éternité, dès le commencement, avant l’origine de la terre.” (8:22-23).
Le passage entier ne fait que neuf vers mais il révèle un élément essentiel du mythe de la Sophia Païenne: “avant l’origine de la terre”. Cette phrase prouve que la déesse Sagesse préexistait à la terre bien qu'elle lui soit identifiée, selon l'arétologie qui met en exergue ses attributs terrestres. Proverbes 8 laisse entendre que Sagesse est une divinité préexistante qui s'incarne dans la terre - une assertion qui sera complètement développée dans la narration Gnostique de la déesse déchue.
“L'Hymne à Sophia”, du livre non Biblique La Sagesse de Salomon (7:22-25), présente Sagesse dans Son aspect cosmologique sublime comme l'esprit demeurant en la planète et l'instructrice divine de l'humanité:
“Sagesse, qui créa toute chose, m'enseigna
Car il existe en Elle une puissance qui est intelligente et sacrée
Unique, diverse et sublime,
Mobile, claire et indéfinie,
Distincte, compassionnée, bienveillante et pertinente
Libre, bénéfique et généreuse,
Ferme, assurée, autonome
Influant tout et observant tout
Et pénétrant tous les êtres
Qui sont intelligents, purs et aussi subtiles qu'Elle,
Car Sagesse est plus mobile que tout mouvement
Et Elle imprègne et pénètre toute chose
Car Elle est l'exhalation incarnée de la puissance divine.”
Il est difficile de trouver une déclaration plus manifeste de la divinité de la terre dans tout autre passage de la tradition Judéo-Chrétienne, tradition qui est d'ailleurs foncièrement opposée à de telles affirmations. Les écrits religieux Juifs honorent la terre comme une oeuvre émanant de la puissance créatrice de Dieu le Père mais, suivant les prérogatives de Josiah, il était hérétique de conférer à la planète une nature sacrée intrinsèque. Le passage ci-dessus implique, cependant, que la terre est divine non pas parce qu'elle est l'artefact bien conçu du dieu créateur paternel, Yahvé, mais parce qu'elle est l'incarnation même de son consort écarté, Sophia. Cette distinction rappelle les prémisses de l'écologie profonde selon lesquelles la terre possède une valeur intrinsèque, indépendamment de son utilité pour l'humanité et (ajouterais-je même) indépendamment de la manière dont elle sert les croyances religieuses obsédées par l'omnipotence paternelle.
jeudi 30 juillet 2015
Le panthéon Sumèrien et la Gnose.
Le panthéon sumérien était très hiérarchisé, ce qui devait d'ailleurs être plus tard une constante de toutes les religions polythéistes de l'Antiquité.
La structure du panthéon peut aisément se comparer à une structure pyramidale :
A la base, juste au-dessus des hommes, se trouvent les Igigi. Ce sont des dieux prolétaires au service des 50 grands dieux (voir ci-dessous) Puis, nous avons 50 grands dieux que l'on regroupe souvent sous l'appellation collective d'Annunnaki (= fils de An).
Ensuite viennent les 7 dieux 'qui décrètent le destin'. Ces 7 dieux se subdivisent eux-mêmes en sous-catégories :
Utules 4 dieux créateurs : An (=Anu, Antu) qui règne sur les cieux, Enlil (=Ellil) qui dirige l'air ou l'atmosphère, Enki (=Ea, Nudimmud) maître des eaux, et Ninhursag (=Ninmah, Nintu, Mammi ; plus tard, elle sera parfois identifiée à Ki - la terre) déesse de la terre.
les trois divinités astrales : Nanna (=Sin, Yerah), dieu de la lune, Utu (=Shamash), dieu du soleil et Inanna (=Ishtar), déesse de Vénus.
Au sommet se détachent la Divine Triade : An, Enlil et Enki (voir ci-dessus les 4 dieux créateurs). Attention, le terme triade est ici trompeur, au sens où il pourrait nous faire croire que le pouvoir suprême était divisé à part égale entre ces trois divinité, ce qui n'était pas le cas, An étant le dieu le plus puissant des trois.
Au-dessus de cette triade, venait la déesse Mère Nammu (Namma, où Sophia dans la gnose). Elle était considérée comme la déesse de la Mer Primordiale, la Mère qui engendra Enki et An, et par là, le Ciel et la Terre. Bien qu'étant au-dessus de la Triade en terme d'origine (elle engendre), elle ne joua jamais un rôle aussi important que ses fils dans l'histoire des dieux du pays de Sumer.
Les "dieux" en dessous de namma-sophia sont donc ce que les gnostiques appellent: les archontes.
jeudi 23 juillet 2015
Les Dix Principes Majeurs de la Révélation Gnostique .
"La liberté de tout dire n’a d’ennemis que ceux qui veulent se réserver la liberté de tout faire. Quand il est permis de tout dire, la vérité parle d’elle-même et son triomphe est assuré", Jean-Paul Marat.
Les chrétiens gnostiques du second siècle croyaient que seule une révélation spéciale de la connaissance plutôt que la foi pouvait sauver un individu. Le contenu de cette révélation ne pouvait être reçu empiriquement ou n’être dérivé a priori. Ils considéraient cette Gnose spécifique comme étant de tant d’importance qu’elle devait rester secrète. Voici les 10 principes majeurs de la révélation gnostique :
1. Le créateur de ce monde est un dément.
2. Le monde n’est pas comme il apparaît, afin de cacher le mal qui est en lui, un voile l’obscurcit ainsi que la divinité démente.
3. Il y a un autre, un meilleur royaume de Dieu, et tous nos efforts doivent être dirigés vers un retour vers lui et vers son accomplissement ici-bas.
4. Nos vies véritables remontent à des milliers d’années d’ici, et nous pouvons être amenés à nous souvenir de nos origines au sein des étoiles.
5. Chacun d’entre nous a une part divine qui n’a pas chuté et qui peut être atteinte afin de nous éveiller. Cette autre personnalité est l’authentique moi éveillé ; la personnalité présente est endormie et sans importance. Nous sommes en fait endormis, et entre les mains d’un dangereux magicien déguise en bon dieu, la divinité créatrice démente. La désolation, le mal et la douleur en ce monde, le fait qu’il est une prison déterministe contrôlée par une divinité créatrice démente nous fait nous séparer du principe de la réalité très tôt dans notre vie, et si l’on peu dire de tomber dans le sommeil de l’illusion.
jeudi 16 juillet 2015
La gnose éclairée.
"Ce qui est en bas est le reflet déformé de ce qui est en haut".
La gnose est un mouvement qui dénie la croyance aveugle et encourage la foi construite sur l' union de l' esprit-âme et de l' intelligence.
Il y a un démiurge, celui-ci est sans doute représenté matériellement par la planète Jupiter dans notre système.
Zeus représente ce dieu trop humain, le reflet du Dieu-qui-est-tout-et-plus-encore.
La mythologie grec interpelle dans le sens où l' on peut facilement décrypter les archontes qui se prétendent divins là où ils ne sont que des parents adoptifs.
Ils ont crées des véhicules mais l' essence divine en nous provient d' un au-delà qui leur échappe.
Des reflets...
Pour simplifier il y a une dimension supérieur, intermédiaire et inférieure.
L' intermédiaire est le voile qui sépare le vrai de l' illusion.
Là où l' entité jupitérienne, dans la dimension supérieure, valorise la générosité et l' abondance pour tous, son reflet dans la dimension inférieure incite au pouvoir personnel et à l' accumulation irraisonnée des ressources à des fins égotiques.
Nous avons en nous la possibilité de nous connecter avec les modèles et de bloquer l' influence des reflets que représentent les archontes.
Et plus encore, ensemble nous avons la possibilité d' élever les archontes au-delà de leur position de reflet.
Cela arrivera tôt ou tard...
Les planètes de notre système semblent représenter la plus proche matérialisation de ces reflets, mais les énergies de leurs modèles passent à travers la dimension intermédiaire et nous pouvons les capter.
Nous avons le choix!
Le soleil dans notre système est le reflet du grand soleil central. A travers notre soleil nous pouvons nous connecter à lui.
Plus nous nous connectons à la source, plus nous aidons les reflets à rectifier leurs positions erronés.
Nous dépendons les uns des autres...
En sauvant les reflets nous nous libérons de cette prison aux allures de paradis.
Lisez, méditez faites des expériences en vous protégeant grâce aux alliés qui ne demandent qu' à être invoqués.
Mais par dessus-tout, c' est en connectant votre coeur-matériel-reflet avec votre coeur-supérieur-modèle que la libération pourra commencer à s' opérer!
Sortez de l' illusion du miroir, courez hors de la caverne décrite par Platon.
Respirez et imprégnez-vous de votre paradigme personnel basé sur la tolérance, l' amour et la connaissance véritable.
L' observateur fait l' observation!
Bénédictions!
Article écrit par Don Garano. Vous pouvez le copier en citant la source.
Ci-dessous un article intéressant pour découvrir certains principes de la Gnose.
mercredi 6 mai 2015
dimanche 23 novembre 2014
Gnostiques et Archontes.
Qui sont les archontes:
“ Un voile existe entre le monde du dessus (au coeur de la galaxie) et les royaumes du dessous (l'extérieur, les bras de la galaxie); et les ténèbres vinrent à l’existence en-dessous du voile. Une partie des ténèbres (matière noire) devint matière (atomique) et se répandit (se forma partiellement en champs élémentaires, le dema). Et ce que Sophia engendra (par son impact) devint une créature de la matière, (une forme foetale) tel un foetus avorté. Et (une fois créée) cette créature assuma une forme plastique façonnée à partir des ténèbres et devint une bête arrogante ressemblant à un lion. Elle était androgyne, car issue de la matière (neutre, inorganique).”
Alors que les Archons de type foetal sont inertes, leurs formes ayant été figées lors d’une phase immature de développement, le leader reptilien est agressif, il défend son territoire et il possède des pouvoirs diaboliques. Avant toute chose, il fait preuve d’une capacité formidable de changer de formes:
Il possédait un nombre de visages plus grand que tous les autres et il pouvait se montrer devant tous les autres avec le visage qu’il souhaitait ... Il partageait son feu avec eux, et il devint ainsi leur souverain. A cause du pouvoir de gloire qu’il avait acquis de la lumière de sa mère, il s’appela lui-même Dieu. Et il ne prêta pas allégeance au royaume dont il venait”. (Apocryphe de Jean. 11:35 - 12:10).
Il est dit que l’Archonte Dragon est aveugle (en Copte Bille), il ne peut donc percevoir ni le Plérome (1) , ni Sophia (2).
(1) Plérôme est un terme grec qui signifie "Plénitude". Il désigne également le monde céleste, formé par l"ensemble des Éons que le gnostique atteindra à la fin de son aventure terrestre.
(2) L'implication spécifique de Sophia avec l'humanité, (l'Anthropos) commence bien avant que la terre n'existe. En tournant son regard vers l'extérieur du Plérome, elle découvre le kérome.
Poussée par un désir brûlant, la déesse plonge du centre cosmique dans le Kérome, le chaos des mondes matériels. Son impact dans les régions extérieures est soudain et gigantesque, produisant une vague de choc qui engendre une espèce bizarre, les Archontes.
Que faire donc des conceptions Gnostiques relatives aux Archontes ?
On pourrait dire que les Gnostiques croyaient que nous ne pourrons définir réellement ce qui est humain qu’en faisant face à ce qui est dément et inhumain en nous-mêmes.
dimanche 12 octobre 2014
Vie et réalité des pensées : gnosticisme.
Des éléments essentiels du stoïcisme et des cultes à mystères ont été exploités par les
systèmes gnostiques. Certaines caractéristiques de la gnose contreviennent évidemment aux
philosophes du « matérialisme mécaniste », elles sont énumérées dans les exemples suivants.
1. Les gnostiques multiplient les hypostases, « attribuent à la source de l’Être une profusion de
jubilatoire d’éons, modèles idéaux d’êtres lumineux se suffisant à eux-mêmes, consciences
et béatitudes éternelles. Alors que le vocabulaire philosophique énonce des concepts, les
mêmes termes, employés par les gnostiques, s’appliquent à des entités mythologiques
personnalisées, capables d’évoluer spontanément au-delà de la définition logique de leurs
noms. »219. On trouve des hiérarchies de mondes intermédiaires très détaillées, comme dans
le traité Marsanès qui évoque une hiérarchie composée de 13 sceaux ; depuis le corps et la
matière « jusqu’au Silencieux »220. Dans le mythe valentinien, la Sophia se trouve au-dessus
des sept sphères du cosmos psycho-matériel, dans une région intermédiaire (l’Ogdoade ou le
Milieu) en dessous du Plérôme221. Dans cette Ogdoade ou « huitième sphère », les âmes se
reposent, se renouvellent222.
2. Les sciences occultes sont un arrière-plan commun aux écrits hermétiques et gnostiques de
219MAHE, Jean-Pierre, POIRIER, Paul-Hubert, Écrits gnostiques : La bibliothèque de Nag Hammadi, Paris, NRF
Gallimard (Bibliothèque de la Pléiade), 2007, p.XXII
220Id. p.1431
221Id. p.XLVII
222« L’Ogdoade est hymen au sens propre, puisque, d’après la Clef, elle est la membrane, qui sépare le hylique du noétique. Elle l’est aussi au sens figuré qu’entendent les valentiniens, puisqu’elle est le lieu où les âmes rencontrent les anges. Elle est le lieu du repos, et de la régénération. » Id. p.949
40
Nag Hammadi. Par exemple, « Hermès use de vocables mystiques pour agir sur les sphères
célestes ; il enseigne l’art de faire des dieux en animant des statues ; il parvient, comme un
alchimiste, à se “décorporer” au point de se voir lui-même. Toutes ces pratiques, magiques,
théurgiques et alchimiques apparaissent plus ou moins ouvertement dans les prières et les
liturgies gnostiques. » Cela n’est pas sans conséquence puisque, « Les “formes de cire” et
les “images d’émeraudes”, la présentation détaillée des propriétés des lettres de l’alphabet
grec et des lois régissant leur combinaison, ainsi que de l’arithmologie, servent à illustrer la
structure de l’âme cosmique et l’incorporation des âmes individuelles dans des corps
humains. »223. Qu’il y ait une correspondance possible entre les formes de l’âme, planètes,
les étoiles, les signes du zodiaque, et les lettres de l’alphabet, témoigne d’un univers
hautement symbolisé224.
3. Dans le système valentinien, l’univers matériel s’explique par la passion de la Sophia, qui
engendre les substances grossières ou subtiles telles que la condensation de la « substance
d’âme », ou la « substance pneumatique » de l’esprit. Comme dans le stoïcisme, l’âme a un
corps225, bien que certains auteurs tels que Silvanos refusent de considérer Dieu comme une
« substance matérielle »226. Dans le traité L’Ogdoade et l’Ennéade, on peut lire que : « des
énergies font croître les âmes »227. Aussi, les entités « Archontes » qui tiennent les âmes sous
leur joug, font également partie du monde psychique.
4. L’homme possède en potentiel une âme semi-physique lumineuse qui malheureusement, est
enchaînée à des formes psychiques inférieures (passions, etc.), qui la corrompent et par
conséquent brident le potentiel du corps matériel : « L’Homme devint visible à cause de
l’ombre de la lumière qui est en lui. Sa pensée fut supérieure à celle de tous ses créateurs.
[… Les archontes] entraînèrent (Adam) à l’ombre de la mort afin de remodeler à partir de la
terre, de l’eau, du feu et du souffle, celui qui provient de la matière, c’est-à-dire de
l’ignorance ténébreuse, du désir et de leur esprit contrefait. »228.
5. Enfin, la discipline spirituelle consiste notamment en une maîtrise et transformation des
formes psychiques, notamment celles qui président à la représentation du corps. « La vision
intellectuelle de soi qui provoque la régénération consiste “à ne pas former ses
représentations sous la figure du corps à trois dimensions”. Cela implique une mutation de
223Id. p.LXII
224Id. p.1430
225Cf. Clément d’Alexandrie, Extraits de Théodote, 14,4 (« La parabole de Lazare et du riche »)
226Cf. Origène, Contre Celse, I, 21
227Ecrits gnostiques, Id. p.957
228Id. p.283 (« Livre des secrets de Jean »)
la conscience. Il faut s’abstraire de l’environnement des objets visibles […] »229.
Nous voyons donc dans la gnose de nombreux intermédiaires et relations complexes qui
unissent ou désunissent les forces intérieures aux forces cosmiques ou supra-cosmiques. À
l’inverse, le courant philosophique ou théologique de type « mécaniste » vise à la suppression d’un
maximum d’intermédiaires, considérés alors comme des idoles, reliquats d’un panthéisme ou
paganisme moins « rationnel ». Il s’agit en fait de deux types de rationalités basées sur des
conceptions antithétiques. L’un des intermédiaires supprimés, des plus cruciaux, est la dimension
propre à l’âme, la distinction entre âme et esprit ayant peu à peu été effacée.
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